Si
ce sont les plus jeunes qui se tournent en masse vers la religion, on a
du mal à savoir si l’on a affaire à un effet d’âge (ils sont jeunes, ça
leur passera) ou un effet de génération (les nouvelles générations
seront plus religieuses que les précédentes).
Un
début de réponse est apporté par une comparaison avec les résultats de
l’enquête MGIS plus ancienne (1992), sur une portion d’échantillon
commun. Cette enquête menée 16 ans plus tôt n’avait pu toucher que les
enfants d’immigrés suffisamment nombreux et à des âges encore jeunes.
Seuls avaient été enquêtés les enfants d’immigrés d’Algérie, d’Espagne
et du Portugal âgés de 20-29 ans.
En
France, en moyenne, et dans les populations d’origine européenne, la
sécularisation a progressé au fil de la vie, mais aussi d’une génération
à la suivante. Si l’on prend les Européens les plus attachés à la
religion, ceux d’origine portugaise, ils le sont moins en 2008 qu’ils ne
l’étaient en 1992. Les jeunes d’origine portugaise d’aujourd’hui sont
aussi nettement moins portés sur la religion que leurs devanciers du
même âge 16 ans plus tôt.Ce n’est plus vrai des personnes nées en France d’origine algérienne.
Les jeunes de 2008 n’ont plus rien à voir avec ceux de 1992. Ils sont
deux fois moins nombreux à se déclarer sans religion, et même près de
trois fois moins chez les jeunes femmes.
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